Une recherche narrative et visuelle sur le couple, les projections, la perception et les personnages que nous fabriquons pour tenir ensemble.
Pôl et Lïa peuvent d’abord se lire comme deux personnages accessibles, drôles et amoureux. Leur univers accepte le décoratif, le récit populaire et la circulation commerciale. Cette première lecture n’épuise pourtant pas le projet.
Sous la surface, la série observe les stratégies par lesquelles chacun cherche à être confirmé, protégé ou reconnu. Le couple devient un laboratoire de la projection : deux personnes partagent un monde sans jamais l’apercevoir exactement sous le même angle.
Le Champ des Nous relie le travail de la main aux technologies contemporaines. Peinture, photographie, montage numérique, écriture et intelligence artificielle ne sont pas présentés comme équivalents; ils sont articulés avec précision au sein d’un atelier élargi.
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Le Champ des Nous ↗L'ange dans le spectre visibleUne figure ailée se détache sur des rayons cyan et magenta. Ce sont les seules longueurs d'onde que nos cellules savent lire ; l'ange, lui, occupe peut-être tout le reste du spectre.L'ancêtre en négatifUne figure d'époque flotte devant une façade. Tout est en gris : l'image a gardé la forme et perdu la couleur, comme la mémoire garde le contour et laisse tomber le reste.Lïa sous la dentelle du bruitLe visage de Lïa apparaît sous une trame de traces. Le signal est là, sous le bruit — il faut accepter de ne pas tout voir pour le reconnaître.Pôl et l'arbre de tout ce qui pensePôl porte au-dessus de lui une ramure qui déborde le cadre. Ce qu'une tête contient n'a jamais tenu dans un visage.L'onde avant la mesureUne figure se tient dans un réseau de fils. Tant que personne ne regarde, elle est partout à la fois. Le regard tranche, et c'est déjà une perte.Les cercles qu'on ne referme pasDes cercles concentriques traversent le cadre sans se refermer. Un visage occupe le bas, presque sorti. Une onde continue bien au-delà de ce qu'on en aperçoit.Deux cerveaux, un seul mondeDeux profils se font face et se partagent un cerveau. Entre eux, une forme noire : la part du réel qu'aucun des deux ne reçoit.Symétrie de l'angle mortLa même tête, deux fois, en miroir. Les deux versions ont le même angle mort au même endroit — et c'est pour ça qu'elles ne peuvent pas se corriger l'une l'autre.Pôl, Lïa et les orbitesPôl et Lïa se tiennent dans le même cadre pendant que des pastilles orange occupent l'espace entre eux. On appelle ça du vide ; c'est plein de ce qu'on ne mesure pas.Pôl à mains nuesPôl se tient de face, sans rien. Des tracés blancs marquent la poitrine comme un schéma. Le corps est un instrument de mesure très étroit, et c'est le seul dont nous disposions.L'ancêtre au centre de la grilleUn visage se détache au centre d'une grille de centaines d'autres. Il n'est pas plus important : il est seulement celui que le cadrage a choisi.