09 · Création numérique · média mixte · intelligence artificielle
Un second espace d’atelier
Le numérique prolonge la peinture : il conserve les bifurcations, multiplie les états possibles et ramène l’image vers la matière.
Le passage au numérique est antérieur à l’usage de l’intelligence artificielle. Il commence par la photographie des tableaux à différentes étapes, puis par le recadrage, la superposition et le montage de ces états parfois recouverts sur la toile.
Dans Rivière Éternité, texte et images sont entièrement construits par prompts, en dialogue avec des outils d’intelligence artificielle. Cette condition n’est pas dissimulée : elle devient le sujet de l’œuvre et permet d’interroger le simulacre, l’identité et le désir contemporain de produire une image plausible de soi.
Les fichiers ne constituent pas la fin du travail. Les compositions sont destinées à devenir des objets physiques — notamment par impression sur Alupanel, puis par intervention et sablage — afin que le support, la lumière et le geste réintroduisent une irréversibilité matérielle.
L'ange dans le spectre visibleUne figure ailée se détache sur des rayons cyan et magenta. Ce sont les seules longueurs d'onde que nos cellules savent lire ; l'ange, lui, occupe peut-être tout le reste du spectre.L'ancêtre en négatifUne figure d'époque flotte devant une façade. Tout est en gris : l'image a gardé la forme et perdu la couleur, comme la mémoire garde le contour et laisse tomber le reste.Lïa sous la dentelle du bruitLe visage de Lïa apparaît sous une trame de traces. Le signal est là, sous le bruit — il faut accepter de ne pas tout voir pour le reconnaître.Pôl et l'arbre de tout ce qui pensePôl porte au-dessus de lui une ramure qui déborde le cadre. Ce qu'une tête contient n'a jamais tenu dans un visage.L'onde avant la mesureUne figure se tient dans un réseau de fils. Tant que personne ne regarde, elle est partout à la fois. Le regard tranche, et c'est déjà une perte.Les cercles qu'on ne referme pasDes cercles concentriques traversent le cadre sans se refermer. Un visage occupe le bas, presque sorti. Une onde continue bien au-delà de ce qu'on en aperçoit.Deux cerveaux, un seul mondeDeux profils se font face et se partagent un cerveau. Entre eux, une forme noire : la part du réel qu'aucun des deux ne reçoit.Symétrie de l'angle mortLa même tête, deux fois, en miroir. Les deux versions ont le même angle mort au même endroit — et c'est pour ça qu'elles ne peuvent pas se corriger l'une l'autre.Pôl, Lïa et les orbitesPôl et Lïa se tiennent dans le même cadre pendant que des pastilles orange occupent l'espace entre eux. On appelle ça du vide ; c'est plein de ce qu'on ne mesure pas.